BIO/DÉMARCHE

AVEC LA PRÉCIEUSE COLLABORATION DE JOSIANE DESLOGES

Le bagage de Julie Théberge est protéiforme, punk et pluriel. Son parcours est un entrelacs d’initiatives spontanées et cogitées, ponctuées d’heureux détours.

Grandie à Rouyn-Noranda dans une famille d’entrepreneurs, elle quitte l’Abitibi peu après avoir atteint la majorité pour étudier en psychologie à l’Université McGill.

Elle découvre alors les milieux underground de Montréal, suit des cours de batterie et de solfège, habite un moment aux États-Unis, puis part en tournée avec une troupe d’improvisation de marionnettes avant de se poser à La Malbaie, où elle travaille dans le milieu communautaire.

Tout en poursuivant des études en arts visuels à l’École d’art de l’Université Laval, elle coordonne pendant plusieurs années Cirque du Monde, le programme de cirque social instauré par le Cirque du Soleil au Centre Jacques-Cartier, à Québec. Elle donne des ateliers et des formations qui l’amène à Toronto, Kuujjuaq, Montréal, Toronto, Seattle et Bucarest.

Elle chante et joue du clavier au sein de la formation Headache 24, band post-punk incontournable de la scène musicale alternative, dont elle crée les pochettes d’albums et les visuels. Elle a toujours dessiné.

Pour ressentir le vertige grandiose d’une pratique qui repousse les extrêmes, elle a décidé de se lancer dans l’aventure d’un doctorat sur mesure en Arts et en Médecine.

Si ses études supérieures sont propulsées par sa soif intarissable de connexions et d’approfondissement, elles ont aussi été rendues possibles grâce au milieu de vie qu’elle a choisi, au sein d’une coopérative d’habitation du quartier Saint-Roch.

Une fois le doctorat complété, elle rejoint l’équipe d’HUPR, le Centre de recherche sur le potentiel humain affilié à l’École nationale de cirque de Montréal. Elle participe à des projets d’innovation sociale où se croisent méthodologies artistiques et pratiques collaboratives, à travers des recherches, des ateliers et des présentations menés au Québec, en Suisse, en Irlande et en Australie.

Elle élève deux filles, s’est marié en rouge, tient un journal, sait danser sur pointes et ne tue plus ses plantes. Elle évoque le passé avec lucidité, affronte le présent avec vigilance et envisage le futur avec conviction.

Le travail de Julie Théberge génère un éternel mouvement entre l’art et les idées, l’être et le faire, la recherche et la création. Attentive aux mécanismes de l’intime, elle cherche à comprendre et déboulonner ceux de la société dans laquelle nous vivons. Sous forme de magazines, de babillard, de kiosque, de conférence ou encore de spectacle multidisciplinaire, elle organise et présente ses réflexions dans l’espace public, comme une main tendue vers l’autre. Est-ce qu’un objet d’art est un objet de savoir ? La question est vaste, périlleuse, mais c’est le chemin qui compte et non la destination.

Dans sa pratique individuelle, des dessins, des photos d’atelier et des phrases récurrentes sont utilisées comme des pictogrammes, des clés maîtresses et des modus operandi pour articuler un discours pluriel, revendicateur et ouvert.

La conviction que l’art n’est pas qu’une affaire d’artiste, qu’il peut devenir un mode de pensée, une façon d’être au monde et un vecteur précieux pour entrer en relation avec autrui l’incite à multiplier les lectures et les expériences.